J'etais en Georgie qaund la gueurre a commence.
FUCK PUTIN AND MEDVEDEV
COOL GEORGIA
La guerre d'Ossétie du Sud de 2008 désigne la guerre qui oppose la Géorgie et la province séparatiste d'Ossétie du Sud depuis le 7 août 2008. Le conflit s'est étendu à une autre province géorgienne séparatiste, l'Abkhazie.
Après plusieurs jours d'accrochages frontaliers entre séparatistes ossètes et armée régulière géorgienne et un échec des négociations le 6 août, les hostilités ont commencé dans la nuit du 7 au 8 août, par un assaut des troupes géorgiennes qui fit 12 morts dans les forces de maintien de la paix russes et plusieurs centaines de civils selon la Russie le 3 septembre 2008, le ministère russe des affaires étrangères déclarant le lundi 11 août, environ 1 600 victimes civiles[7], bilan contesté par les autorités géorgiennes et non confirmé de manière indépendante.
La tentative géorgienne de reprendre par la force le contrôle de sa région séparatiste a entraîné une riposte immédiate de l'armée russe, stationnée dans la région en vertu du mandat de maintien de la paix confié à la CEI en 1992. Se fondant sur le fait que la grande majorité des Ossètes du Sud ont un passeport de la Fédération de Russie, le président russe, Dmitri Medvedev, ordonna à ses troupes d'intervenir afin de protéger la population de l'Ossétie du Sud et de contraindre la Géorgie à la paix[8]. Après quatre jours de conflit avec les forces géorgiennes, Medvedev annonce que ces objectifs sont atteints et que les troupes russes resteront sur les positions définies par l'accord de 1992 pour garantir la paix dans la région[9],[10]. Cependant, les troupes russes tardent à évacuer les territoires géorgiens occupés suite au conflit.
Le 15 août, est signé un cessez-le-feu qui met, au moins temporairement, fin au conflit, sans régler pour autant les questions ossètes et abkhazes.
Le 26 août, la Fédération de Russie reconnaît officiellement l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie[11] et se dit prête « à assurer la sécurité de ces deux États[12
Depuis son indépendance vis-à-vis de l'URSS, proclamée le 9 avril 1991, la Géorgie a supprimé l'autonomie accordée aux Sud-Ossètes, provoquant l'exode d'une partie de la population vers la république voisine d'Ossétie du Nord (qui est une république de la Fédération de Russie). Une première guerre, entre janvier 1991 et mi-1992, fit environ 2 000 morts du coté géorgien[13] et 800 du côté ossète[14] lors de la sécession de cette région de la Géorgie.
Le 26 juin 1992, la Géorgie et la Russie, respectivement représentées par leur présidents, Edouard Chevardnadze et Boris Eltsine, ont signé un traité à Dagomys — près de la ville balnéaire russe de Sotchi — mettant fin au conflit militaire. Conformément aux termes de ce traité, une force de maintien de la paix composée de troupes russes, ossètes et géorgiennes a été mise en place en Ossétie du Sud à partir du 14 juillet 1992, tandis que la Russie a reconnu l'intangibilité des frontières géorgiennes, Ossétie du Sud incluse. Une commission trilatérale visant à décider du statut de cette région a été créée[14].
La même année, des séparatistes ossètes ont unilatéralement proclamé l'indépendance de l'Ossétie du Sud en se fondant sur les résultats d'un référendum, lequel n'a cependant pas été reconnu au niveau international. Par la suite 11 000 Géorgiens ont fui l'Ossétie du Sud et environ 22 000 y vivaient toujours à la veille du conflit de 2008. Depuis 2002, les Sud-Ossètes possèdent des passeports russes[15], et la séparation des « communautés » serait telle qu'en Ossétie du Sud, les « Ossètes » et les « Géorgiens » auraient développé certains chemins et axes routiers différents afin de s'éviter et chaque « communauté » aurait son propre réseau de gaz et d'électricité[16]. Ces tensions ethniques exacerbées sont interprétées par certains chercheurs en sciences sociales comme une conséquence de la politique soviétique des nationalités, qui serait utilisée aujourd'hui encore par le pouvoir russe[17], d'autres avancent que ces conflits ont longtemps été étouffés par la mainmise soviétique, et qu'ils se sont réveillés aux lendemains de la chute de l'URSS[18].
La Russie d'un côté et la Géorgie aidée par les États-Unis depuis 2002, de l'autre, se seraient préparés à une guerre éventuelle au sujet des deux régions séparatistes géorgiennes (Ossétie du Sud et Abkhazie), et il semble que tous les protagonistes s'attendaient depuis longtemps à l'émergence d'un nouvel affrontement armé ; la présence de troupes russes du génie, déployées au printemps en Abkhazie pour réparer la voie ferrée abkhaze (le tronçon entre Otchamtchira, le port abkhaze où 5 000 soldats russes ont débarqué le 10 août, et Soukhoumi) serait un indice parmi d'autres de préparatifs[16].
La Russie aurait positionné des forces navales, aériennes et terrestres prêtes à intervenir, pour les troupes terrestres en passant par le tunnel de Roki. Long de 3,6 kilomètres sous la montagne, celui-ci est l'unique passage terrestre possible entre la Géorgie et la Russie. Le matériel russe est vétuste, mais important : environ 20 000 hommes et 2 000 chars seraient intervenus dans le conflit[16].
La Géorgie a accueilli les premiers soldats américains en 2002 dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, et à l'époque, Vladimir Poutine avait déclaré qu'il n'y voyait « aucune tragédie ». Depuis l'armée géorgienne s'est fourni entre autres en matériel américain, israélien, tchèque ukrainien et turque a fait entraîner ses militaires professionnels (37 000 hommes) par l'armée américaine et des conseillers israéliens, français, polonais, ukrainiens et néerlandais [19][20] et est informée en continu des concentrations de troupes russes dans le nord du Caucase par les renseignements américains qui surveillent la région par satellite[16],[21].
Depuis l'arrivée d'un pouvoir pro-occidental à Tbilissi en 2004, l'Ossétie du Sud est devenu un enjeu politique entre le président géorgien Mikhail Saakachvili, qui souhaite la réintégration des régions sécessionnistes au sein du territoire de la Géorgie, et les indépendantistes ossètes, majoritaires en Ossétie du Sud (le choix de l'indépendance fut validé par deux référendums, en 1992 et en 2006), qui souhaitent une indépendance non seulement de facto, mais aussi de jure[22].
De son côté, la Fédération de Russie, qui joue le rôle de médiateur en vertu d'un accord international et qui dispose de troupes en Ossétie du Sud, ne fait pas d'avancées pour résoudre la situation, ni dans un sens, ni dans un autre. En avril 2008, Vladimir Poutine signe un décret autorisant l'établissement de relations officielles entre la Russie et les entités sécessionnistes géorgiennes, et ne se laissera pas convaincre de revenir sur sa décision par le président géorgien[16]. Les indépendantistes d'Ossétie du Sud souhaitent également une réunification avec l'Ossétie du Nord , mais ni la Fédération de Russie, ni l'OSCE et encore moins la Géorgie ne soutiennent cette solution[23].
Chronologie [modifier]
Avant le 7 août [modifier]
Les tensions nationalistes existent depuis 1989 et une première guerre a eu lieu entre janvier 1991 et mi-1992 faisant environ 3 000 morts lors de la sécession de cette région de la Géorgie[24].
Il semble qu'il y ait toujours eu régulièrement des « incidents » entre les séparatistes ossètes et les forces géorgiennes depuis 1992. De nouveaux incidents éclatent en juillet et surtout le 1er août entre séparatistes ossètes et forces régulières géorgiennes[25]. Les deux parties s'en rejettent mutuellement la responsabilité. Des combats ont lieu les jours suivants le long de la frontière : des soldats sont tués, des villages pilonnés à l'arme lourde[16]. Un cessez-le-feu est conclu dans la journée du 7 août. Dans la soirée, le gouvernement géorgien accuse les séparatistes ossètes d'avoir violé le cessez-le-feu[26] et aurait été informé qu'une colonne russe de 150 blindés était en train d'entrer dans le tunnel de Roki, information semble-t-il transmise par un satellite américain. Moscou niera l'existence de ce mouvement de troupes[16].
Première semaine [modifier]
Nuit du 7 août et vendredi 8 août [modifier]
Manifestation devant l'ambassade russe à Tbilissi le 8 août 2008.Les forces géorgiennes lancent une offensive à 1 h 30 du matin (heure de Moscou) et s'emparent d'une partie de Tskhinvali, la capitale de la République autoproclamée d'Ossétie du Sud.
Elles tuent une dizaine de soldats de la force de maintien de la paix russe[27] en pilonnant leur caserne avec des pièces d'artillerie. L'armée géorgienne a également utilisé l'artillerie contre Tskhinvali[28], faisant 1 600 victimes, civiles et militaires confondues, selon les chiffres alors avancés par la Russie[29], et vigoureusement contestés par la Géorgie. Les bilans donné par la Russie au 3 septembre 2008 parlent de centaines de civils sans autre précision [30].
Grâce aux photos satellite de la ville de Tskhinvali prises le 19 août 2008, l'UNOSAT, une agence de l'ONU, estime les dégâts (bombardements, prise de la ville par les géorgien, contre-attaque russe et exactions des milices ossétes) dans l'agglomération de celle-ci à 346 bâtiments détruits et 92 gravement endommagés ; le village de Tamarasheni, peuplé de Géorgiens, au nord de la capitale de la province séparatiste ossète, étant de loin le plus affecté[31]. Cinq villages en Ossétie du Sud peuplé par des Géorgiens autour de Tskhinvali ont était détruit à 50 % par des milices ossétes entre le 10 et 22 août [32][33]. l'UNOSAT indique un total de 787 bâtiment détruits et 243 grievement endommagé.
D'après la diplomatie française, par un dialogue direct à Pékin en marge des JO, le président français Nicolas Sarkozy aurait tenté de dissuader Vladimir Poutine de lancer son armée à l'assaut en lui proposant d'obtenir le retrait de l'armée géorgienne en 24 ou 48 heures, proposition que le premier ministre russe aurait refusée[16].
Le président russe Dmitri Medvedev déclare que la mort de citoyens russes (plus des deux tiers des Ossètes du sud possèdent la citoyenneté russe) sera sévèrement punie. Il envoie des milliers de soldats et 150 chars de combats et blindés provenant de la 58e armée, stationnée dans le district militaire du Nord-Caucase[34], renforcés par des unités de la 76e division d'assaut aéroportée de la garde et de la 98e division aéroportée[35] et plusieurs avions d'attaque au sol de l'armée russe, le jour même, pour neutraliser les forces armées géorgiennes dans la région. En même temps, les hackers russes mènent une attaque informatique sur les principaux serveurs géorgiens[36],[37]. Entre autres cibles, la base navale et le port commercial de Poti est frappé par l'aviation[38].
Samedi 9 août [modifier]
Carte du dispositif militaire géorgien et des bombardements de l'armée de l'air russe.Un bombardier Tu-22M, sans doute une version de reconnaissance Tu-22MR[39], et un chasseur Soukhoï Su-25 s'écrasent, selon un bilan de l'armée russe du 9 août[40] ; un des pilotes est capturé. La Géorgie revendique une dizaine d'avions abattus et une trentaine de chars hors de combat.
La capitale sécessionniste Tskhinvali est reprise au matin par la Russie[41].
Selon les autorités russes, environ 30 000 réfugiés ont franchi la frontière russe en 36 heures[42].
L'Abkhazie, autre province séparatiste, entre à son tour en guerre contre la Géorgie, cherchant à reprendre le contrôle des gorges de Kodori, seul territoire abkhaze resté sous contrôle de Tbilissi, et détruisant la seule route qui relie la province à la capitale géorgienne. La Géorgie décrète alors l'état de guerre, instaure la loi martiale pour quinze jours, et commence à chercher un accord de cessez-le-feu[43]. La mission d'observation des Nations unies en Géorgie a été priée par l'Abkhazie de retirer ses observateurs de la vallée de Kodori[44].
L'aviation russe a bombardé des cibles militaires dans la banlieue de la ville géorgienne de Gori. L'attaque aurait également fait des victimes parmi les civils[45], ce que la Russie dément[46].
Le ministère géorgien de l'Intérieur annonce que l'armée géorgienne s'est retirée de l'Ossétie du Sud[47], mais le Ministère des Affaires étrangères de la Russie ne confirme pas cette information[48]. La marine russe entre dans les eaux géorgiennes pour instaurer un blocus des ports géorgiens et empêcher la livraison d'armes aux Géorgiens, notamment en provenance d'Ukraine. La marine russe indique dans un communiqué que les navires de guerre russes dépêchés au large de l'Abkhazie séparatiste ont été attaqués au soir par quatre bâtiments géorgiens, dont une vedette lance-missiles qui a été coulée[49],[50].
Les belligérants se livrent à une guerre de l'information, s'accusant mutuellement de « génocide », « crimes de guerre », « destructions », et prétendant l'un et l'autre maîtriser le terrain[51].
Lundi 11 août [modifier]
La Russie continue son opération militaire, en contestant le cessez-le-feu et le retrait des troupes géorgiennes. La Russie a en outre renforcé sa présence militaire en Abkhazie, et compterait plus de 9 000 hommes et 350 blindés dans cette région, d'après l'agence de presse Interfax. La perte de deux autres Su-25 russes a été confirmée[52]. Le président américain George Bush condamne « fermement » les bombardements hors de l'Ossétie du sud, et Dick Cheney a déclaré que les États-Unis « étaient solidaires de la Géorgie et que l'agression russe, non seulement contre des soldats mais aussi contre des civils, ne resterait pas sans réponse[53] ». Le port de Poti, siège de la marine géorgienne, est pris sans combat par l'armée russe.
En fin de journée, la Géorgie accuse la Russie d'envahir son territoire[54].
Selon le porte-parole de la diplomatie russe Boris Malakhov, « la présence militaire russe en Ossétie du Sud ne sera pas réduite avant le retrait intégral des troupes géorgiennes du territoire sud-ossète[55] ». À l'ONU, un plan de paix préparé par les États-Unis et l'Europe a été rejeté par la Russie, celle-ci expliquant « Nous avons des exigences : le retrait des Géorgiens d'Ossétie du Sud, et l'engagement de non-recours à la force de la part de Tbilissi en Ossétie du Sud ou en Abkhazie[56] ».
Mardi 12 août [modifier]
Moscou annonça un chiffre de 1 600 victimes civiles en Ossétie du Sud. Plus de 34 000 Sud-Ossètes auraient quitté la région, et 74 soldats de la paix russes ont trouvé la mort[57].
En fin de matinée, le président de la Russie annonce la décision de terminer l'opération militaire comme ayant atteint tous ses objectifs. Les « forces de maintien de la paix » resteront sur le territoire d'Ossétie du Sud pour garantir un cessez-le-feu[58].
Cependant, dans l'après-midi, le gouvernement géorgien affirme que des bombardements continuent en Géorgie et annonce le retrait de son pays de la Communauté des États indépendants[59].
La Fédération de Russie a arrêté son avancée en Géorgie, sur ordre de son président, lequel déclare que son armée a atteint tous ses objectifs. Mais, pour protéger l'Ossétie du sud et l'Abkhazie (toujours selon le président russe), les troupes resteront où elles sont jusqu'à la stabilisation de la situation[60], tandis que la médiation du président français Nicolas Sarkozy pour un plan de paix de l'Union européenne est acceptée par les deux parties[61].
Sarkozy et Medvedev arrivent à formuler un plan de paix en 6 points[62],[63] :
le non-recours à la force armée ;
la cessation des opérations militaires ;
le libre accès à l'aide humanitaire ;
le retour des troupes géorgiennes dans leur lieu de cantonnement habituel
le retrait des troupes russes sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités ;
le lancement de discussions internationales sur le statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie et leur sécurité.
Dans la nuit du 12 au 13 août, le point n°6 a été rejeté par le président géorgien, cette modification ayant été acceptée par le président russe[64]. Des phrases de ce plan de paix aux formulations assez ambiguës sont interprétées de manières différentes par les deux parties[65].
Mercredi 13 août [modifier]
En fin de matinée, les présidents de cinq pays d'Europe de l'Est — la Pologne, l'Ukraine et les trois États baltes — se rendent à Tbilissi pour soutenir la Géorgie[66].
Dans l'après-midi, une rumeur fait état d'une colonne de chars russes faisant route vers la capitale de la Géorgie, Tbilissi, en dépit du cessez-le-feu conclu sous l'égide de Nicolas Sarkozy et de la présence d'unités de l'armée russe à Gori. Cette rumeur a par la suite été démentie par le vice-ministre de l'Intérieur géorgien[67].
La dizaine de navires militaires géorgiens présents à Poti, surtout de petits patrouilleurs, furent sabordés par les forces russes le 13 août. Quatre ont totalement coulé, les autres à moitié. De nombreux équipements furent pris par les Russes[68].
Pour éviter les conflits ultérieurs, Moscou a proposé de rediscuter le statut de ce territoire séparatiste géorgien au niveau international. Mais Tbilissi exclut toute discussion à ce sujet[69].
Les dirigeants d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud signent le plan de paix de six points élaboré par Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev
Jeudi 14 août [modifier]
Les républiques séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie approuvent le plan de paix de l'UE[70]. Les forces russes « neutralisent » le matériel militaire géorgien sur plusieurs sites et bases militaires.
Vendredi 15 août
Un cessez-le-feu est signé entre la Russie et la Géorgie, mettant ainsi temporairement fin aux hostilités. Cependant, la question de l'Ossétie et celle de l'Abkhazie demeurent ouvertes. Le président géorgien, Saakachvili, s'opposant toujours à ce qu'une « part significative » de son pays reste occupée par la Russie[
Samedi 16 août
L'armée russe affirme avoir mis la main sur plus de cent blindés géorgiens, dont 65 chars et cinq véhicules armés de missiles sol-air, dans la « zone de conflit entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud ». Elle reste déployée entre Gori et Tbilissi[72].
Un pont ferroviaire stratégique a été détruit à Kaspi à 12 h 20, à environ 45 km à l'ouest de Tbilissi. La Géorgie accuse la Russie de cet acte coupant les liaisons ferroviaires entre l'est et l'ouest de son territoire, l'armée russe dément[73]. En réaction, l'Azerbaïdjan a suspendu ses exportations de pétrole via des ports de la Géorgie[74].
Dimanche 17 août
D'après le quotidien américain The New York Times, l'armée russe aurait déployé des missiles SS-21 en Ossétie du Sud, ce que l'administration américaine interpréterait plus comme une démonstration de force que comme un indice d'une volonté d'invasion[75].
Les diplomaties américaine et européennes argumentent, menacent et « haussent le ton[76] » afin d'obtenir un retrait rapide des forces russes du territoire géorgien, et le président russe a annoncé à Nicolas Sarkozy que lundi 18 août marquera le début du « retrait du contingent militaire envoyé en renfort aux forces de maintien de la paix russes à la suite de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud[77]. »
Lundi 18 août
D'après les autorités russes, le contingent se replie mais des témoins géorgiens et les autorités américaines affirment le contraire. D'après les autorités géorgiennes, les forces russes seraient en train de se fortifier[78].
Mardi 19 août
Les vingt-six ministres des affaires étrangères des pays membres de l'OTAN se retrouvent à Bruxelles, pour une réunion convoquée à la demande de Washington.
La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, souhaiterait que les pays de l'OTAN réaffirment les perspectives d'adhésion à l'Alliance de la Géorgie et de l'Ukraine, afin d'empêcher Moscou d'atteindre son « objectif stratégique », à savoir l'arrêt de l'élargissement de l'OTAN dans « sa zone d'influence[79] ». Moscou et l'OTAN se menacent de « conséquences ».
La Russie a rejeté le projet de résolution de l'ONU au motif qu'il ne mentionne pas spécifiquement les six points de l'accord de paix accepté par Tbilissi et Moscou. Le président russe a anoncé que le retrait des troupes russes (conforme à l'accord de paix) sera achevé jeudi 21 ou vendredi 22 août[80].
Un premier échange de prisonniers, 15 Géorgiens contre 5 Russes, a eu lieu à une quarantaine de kilomètres de Tbilissi sous la médiation de l'ambassadeur de France[81].
Mercredi 20 août
Moscou annonce que ses troupes se replient, mais d'après le ministère géorgien de l'Intérieur « aucun char, aucun soldat russe n'a quitté la Géorgie », et d'après une dépêche de l'AFP, les militaires russes fortifient leurs positions à l'aide de blocs en béton sur les points de contrôle autour de la ville de Gori[82]. Les Russes quant à eux reprochent à la Géorgie de poursuivre la consolidation de ses forces armées autours de l'Ossétie du Sud
Jeudi 21 août
Un meeting est organisé à Tskhinvali par le président actuel de l'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty. Celui-ci y réaffirme sa volonté d'une Ossétie indépendante qui comprendrait et l'Ossétie du Sud (géorgienne, 70000 habitants) et l'Ossétie du Nord (russe, 300000 habitants), et demande l'accord de Moscou[84]. Par ailleurs, les Russes ont suspendu leur coopération militaire avec l'OTAN
Troisième semaine [modifier]
Vendredi 22 août
Moscou affirme avoir retiré ses troupes ainsi que le spécifiait le plan de paix, Washington et Paris affirment le contraire. Le porte-parole du ministère de l'intérieur géorgien a déclaré « En ce qui concerne le district de Gori, je peux confirmer que les forces russes ont accéléré le rythme de leur retrait. Malheureusement je ne peux pas dire la même chose au sujet de la Géorgie occidentale, où nous ne voyons aucun repli ». Les forces russes entendraient garder le contrôle « permanent » de certaines « zones tampons » entre l'Ossétie du Sud et la Géorgie, « permanence » qui ne serait pas accéptée par des gouvernements européens[86].
Le vice-ministre géorgien de la défense, Batu Kutelia, a reconnu dans une interview, publiée vendredi par le quotidien londonien Financial Times, que son pays ne s'attendait pas à la réplique militaire de la Russie : « Nous ne nous préparions pas à une telle éventualité. Je ne pensais pas qu'un membre du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'OSCE réagirait de cette manière[87] ».
Samedi 23 août
Moscou d'un côté, Washington, Paris et Londres de l'autre, s'opposent toujours sur la conformité du retrait russe avec le plan de paix[88]. L'OTAN proteste officiellement auprès de la Russie[89].
Dimanche 24 août
La même opposition persiste entre les capitales occidentales et Moscou au sujet du retrait des troupes russes, notamment autour du port de Poti[90]. Moscou accuse la Géorgie de masser des troupes à la frontière de l'Ossétie du Sud, la Géorgie accuse la Russie d'avoir saboté des infrastructures civiles et militaires géorgiennes avant le départ de ses troupes. Arrivée, dans le port géorgien de Batoumi (au sud-ouest), d'un destroyer américain « chargé de matériel humanitaire », ainsi que d'une dizaine d'avions militaires américains acheminant de « l'aide humanitaire[91] ».
Lundi 25 août
Les parlements de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie ont officiellement demandé à Moscou de reconnaître leur indépendance. Réunis lundi en session extraordinaire, le Conseil de la Fédération et la Douma ont approuvé la demande de reconnaissance adressée au président Dmitri Medvedev[92]. La Douma a appelé les pays de l'ONU et les organisations internationales à reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud vis-à-vis de la Géorgie[93]. Les États-Unis ont qualifié ce vote d'« inacceptable », et le président Bush a déclaré « J'appelle les dirigeants de la Russie à être fidèles à leurs engagements de ne pas reconnaître ces régions séparatistes[94] ».
Mardi 26 août
Le président russe signe les décrets sur la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. La Géorgie dénonce une « annexion[95] ». Durant son discours, Dmitri Medvedev a déclaré « Tbilissi [capitale de la Géorgie] a fait son choix dans la nuit du 7 au 8 août. Saakachvili a choisi le génocide pour atteindre ses objectifs politiques », puis « Il a ainsi fait une croix sur tous les espoirs de cohabitation pacifique des Ossètes, Abkhazes et Géorgiens dans un même Etat », ainsi que « Nous comprenons qu'après ce qu'il s'est passé à Tskhinvali et ce qui était planifié en Abkhazie, les peuples d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie ont le droit de décider eux-mêmes de leur sort ». Plus tard, après que de nombreuses capitales occidentales (de l'UE et des États-Unis), l'OTAN et l'OSCE eurent condamné cette décision, le président russe a déclaré « Nous n'avons peur de rien, y compris d'une guerre froide. Bien sûr, nous ne la voulons pas. Si les Occidentaux veulent conserver de bonnes relations avec la Russie, ils comprendront les raisons de notre décision[96],[97]. ».
Mercredi 27 août
Dans le Financial Times, Dmitry Medvedev publie une tribune dans laquelle il estime que la reconnaissance de cette indépendance est « fondée sur le droit international[98],[99] ».
Jeudi 28 août
Suite au décret présidentiel russe reconnaissant l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, et à l'article publié la veille par le président russe, Dmitri Medvedev, le président géorgien fait paraître une tribune dans le Financial Times, où il dénonce la tentative russe de « redessiner la carte de l'Europe par la force[100] ».
Les pays membres l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) — la Chine, la Russie et quatre des cinq ex-républiques soviétiques d'Asie centrale : Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan — ont apporté leur soutien à la Russie dans un communiqué signé par leurs présidents au cours d'un sommet régional, en soulignant le « rôle actif » de la Russie dans la « résolution » du conflit avec la Géorgie[101].
Quatrième semaine [modifier]
Vendredi 29 août
La décision russe, outre les protestations et inquiétudes des pays occidentaux[102],[103], semble embarrasser nombre de pays et aucun membre de l'ONU n'a encore reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud ni de l'Abkhazie[104], certains y verraient un dangereux précédent de scission de leur propre territoire[105].
La Géorgie décide de rompre ses relations diplomatiques avec la Russie, ce que cette dernière déclare regretter, disant qu'alors « il sera difficile de nous informer mutuellement de nos points de vue[106] ».
Dimanche 31 août
Dans une interview diffusée dimanche par les chaînes russes de télévision, le président russe Medvedev a détaillé les « cinq principes » fondateurs de la politique étrangère russe[107] :
« primauté » du droit international ;
« multipolarité » du monde ;
désir « d'éviter les conflits et l'isolement » ;
« défense de la vie et de la dignité des citoyens russes où qu'ils se trouvent ; protection des entrepreneurs à l'étranger » ;
reconnaissance pour la Russie de « zones de ses intérêts privilégiés ».
Lundi 1er septembre
À l'approche de la réunion des dirigeants européens dans l'après-midi, à Bruxelles, appelés à se prononcer sur l'avenir des relations de la Russie et de l'Union européenne (UE) à la lumière de la crise géorgienne, Vladimir Poutine, a déclaré « Si les États européens veulent servir les intérêts de politique étrangère des États-Unis, ils n'y gagneront rien » et a souligné que l'Europe a beaucoup à perdre, soit « le pétrole, le gaz, la pétrochimie, le bois, divers métaux, les engrais chimiques (...) » et que la Russie est un marché « fiable et important » pour les exportateurs européens. Et il a laissé entendre que la Russie pourrait cesser sa coopération sur le dossier du nucléaire iranien. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, aurait écrit dans le journal allemand Handelsblatt : « Nous tiendrons tous les engagements prévus par le plan Medvedev-Sarkozy, dans la forme où ils ont été approuvés, et non pas selon l'interprétation qu'en fait Saakachvili, qui a déclenché cette guerre.[107]
Le président russe déclare le soir dans un entretien télévisé ne plus considérer Mikheïl Saakachvili comme le président géorgien en le qualifiant de « cadavre politique[108] ».
À la suite de leur réunion, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont décidé de reporter les prochaines réunions prévues pour négocier un accord de partenariat renforcé avec la Russie « tant que le retrait des troupes [russes déployées en Géorgie] n'aura pas été respecté ». José Barroso et Nicolas Sarkozy, accompagnés du diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, ont annoncé qu'ils se rendraient le 8 septembre à Moscou et Tbilissi pour tenter de progresser vers un règlement du conflit, et tenter notamment d'obtenir un retrait des troupes russes, et ont déclaré : « Il faut donner sa chance à la diplomatie le 8 septembre. Si ça marche, l'UE aura prouvé son efficacité ; si cela ne marche pas, on se réunira et on prendra d'autres décisions, mais il faut graduer les choses[109] ». L'UE s'est dite prête à apporter à la Géorgie une « aide à la reconstruction » qui passerait par une conférence internationale de donateurs, le « renforcement » des relations UE-Géorgie, à travers la facilitation de visas et « la mise en place d'une éventuelle zone de libre-échange ». Le fait que le président en exercice du Conseil européen (Nicolas Sarkozy) ait estimé que la Russie était « dans son droit d'exprimer » le choix d'une reconnaissance des deux régions séparatistes, peut être interprété comme un indice qu'il a fait son deuil d'une marche arrière de Moscou[110].
L'ambassadeur de Russie à Bruxelles, Vladimir Tchijov, a déclaré qu'il ne fallait pas « dramatiser » puis « nous n'avons pas besoin de ces négociations et de ce nouveau traité » de coopération renforcée avec l'UE[111],[112].
Mardi 2 septembre
À la suite du sommet de l'UE, la Russie et la Géorgie affichent leur satisfaction. Vladimir Poutine a affirmé que la Russie va réagir avec « calme, sans aucune hystérie » au renforcement de la présence navale de l'OTAN en mer Noire[112].
Mercredi 3 septembre
Le parlement géorgien léve la loi martiale en Géorgie et décréte l'état d'urgence dans les zones occupés par l'armée russe[113]
Bilan humain [modifier]
Le bilan des combats n'est, au 27 août 2008, pas établi avec certitude. Les pertes humaines se comptent, selon des sources contradictoires, entre quelques centaines et 1 600 tués parmi les civils ossètes suite à l'invasion de l'armée géorgienne[114].
On compterait 158 600 personnes déplacées : 30 000 personnes ont fui l'Ossétie du Sud vers l'Ossétie du Nord en Russie[115], plus de 12 000 autres se sont déplacées à l'intérieur même de la région autonome ossète, environ 15 000 ont fui les combats vers le sud, en Géorgie, tandis qu'environ 68 000 personnes se sont déplacées en Géorgie même, dont 56 000 habitants de Gori, la plus grande ville géorgienne proche de l'Ossétie du Sud, qui ont quitté la ville[116],[117].
La Géorgie introduit devant la Cour internationale de justice une instance contre la Russie pour « violations de la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale[118] », en prenant prétexte des expulsions et prétendues exactions commises à l'encontre des Géorgiens vivant en Ossétie du Sud. De son côté, Moscou lance une enquête judiciaire pour prouver le « génocide » du peuple ossète par l'armée géorgienne[119].
Réactions internationales [modifier]
Réaction des États-Unis [modifier]
Embarquement d'aide humanitaire à destination de la Géorgie sur la Ramstein Air Base à bord d'avions-cargos de l'USAF le 13 août 2008.Le 9 août, le président des États-Unis, George W. Bush, soutien de Saakachvili, réclame l'arrêt immédiat des combats et le retour au status quo ante bellum[120].
Le vice-président des États-Unis a déclaré que « la réaction disproportionnée de la Russie ne resterait pas impunie ».
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré lundi à Moscou que les États-Unis font obstacle à l'opération de maintien de la paix en Ossétie du Sud, en transférant par voie aérienne le contingent géorgien de 2 000 hommes en provenance d'Irak[121].
Le président de la Douma, Boris Gryzlov, estime que la situation en Ossétie du Sud est étroitement liée à la présidentielle américaine et que John McCain utilise l'aggravation du conflit osséto-géorgien pour prendre de l'avance sur son adversaire dans la course électorale[122].
Un pont aérien humanitaire de l'USAF se met en place.
Le 15 août, George Bush a dépêché son secrétaire d'État, Condoleezza Rice, afin de clarifier l'article 5 du cessez-le-feu proposé par Nicolas Sarkozy ; cet article, jugé trop ambigu par Washington, permettant de justifier des opérations militaires russes en territoire géorgien[123].
Le 24 août, les États-Unis envoient en Géorgie deux navires contenant de l'aide humanitaire[124].
Le 3 septembre, La gouvernement américain prévoit de donner un milliard de dollars à la Géorgie pour l'aide humanitaire et la reconstruction [125]
Réactions européennes [modifier]
La présidence de l'Union européenne « appelle toutes les parties à la cessation immédiate des hostilités et à la reprise sans délai des négociations, afin de permettre une solution politique à la crise, dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie[126] ».
Le ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt déclare le 9 août que la Russie commet une « agression incompatible avec le droit international. Nous avons des raisons de nous rappeler comment Hitler, il y a un peu plus d'un demi-siècle, a utilisé une telle doctrine pour saper et attaquer des zones considérables d'Europe centrale[127] ».
L'OSCE déclare, le 9 août, que la Russie n'est plus un médiateur dans le conflit[128].
Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, a demandé la « cessation immédiate des hostilités » dans un communiqué diffusé le 14 août 2008[129]. La France a réitéré son attachement à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues[130].
Les trois pays baltes et la Pologne, traditionnellement peu enclins à la sympathie envers Moscou, appellent l'UE et l'OTAN à s'opposer à la « politique impérialiste » de la Russie[131].
L'Ukraine, soutenue par les États-Unis et en hostilité avec Moscou, déclare le 10 août que si le conflit continue, les Russes ne pourront pas rentrer dans leur base navale de Sébastopol et menace d'une réaction armée. Le 13 août, la présidence ukrainienne a imposé par décret des restrictions sur les mouvements de la flotte russe de la mer Noire basée en Ukraine[132]. Le 14 août, une proposition de loi dénonçant l'accord de création de la CEI est déposée[133].
La Russie, qui s'est impliquée dans le règlement du conflit en Ossétie du Sud, a fait preuve de « calme », de « sagesse » et d'« élégance », a déclaré le 19 août le président biélorusse Alexandre Loukachenko lors d'un entretien avec son homologue russe Dmitri Medvedev.
Dans un entretien publié par La Stampa le 11 août, le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini met en garde contre la constitution d'une « coalition européenne anti-russe[134] ».
Les présidents des conseils de coordination des amicales russes de la diaspora dans les pays membres de l'UE ont adressé une lettre ouverte aux responsables de l'Union européenne et du Parlement européen, dénonçant la couverture partiale des médias européens, accusés de présenter à tort la situation comme une agression de la Russie contre la Géorgie[135].
La Russie et l'OTAN ont décidé de geler leur coopération militaire jusqu'à ce que la crise en Géorgie soit « résolue[136],[137] ».
Les pays membres de la CEI ont manifesté un soutien mesuré envers la Russie et, à la date du 3 septembre 2008, n'ont pas reconnu les deux provinces sécessionnistes de la Géorgie. Cette prudence peut être interprétée comme une crainte qu'ainsi qu'en Géorgie, il y ait un accroissement de l'interventionnisme de la Russie sur leur territoire[138].
Réactions du reste du monde [modifier]
Le ministère des Affaires étrangères de l'Iran déclare le 10 août être préoccupé par ces tensions et demande aux deux parties un cessez-le-feu immédiat pour éviter les victimes innocentes, le ministère affirme qu'il est prêt à donner toute aide possible qui pourra relancer le dialogue[139].
Au cours de sa visite rendue le 21 août en Russie, le président syrien Bachar el-Assad a soutenu fermement l'opération militaire russe en Géorgie: il a notamment estimé que « la réaction militaire russe était une réponse à la provocation géorgienne » et a ajouté qu'il a apprécié « le courage de la Russie, qui a accepté les initiatives internationales et a décidé de retirer ses troupes de la zone du conflit[140] » en Géorgie.
Analyses des médias [modifier]
Les oléoducs traversant la Géorgie.Le président de l'Association nationale russe des travailleurs de la télévision, Edouard Sagalaïev, a déclaré lundi 11 août à l'agence de presse russe Ria Novosti être choqué par la manière dont les médias occidentaux couvraient les événements dans la zone du conflit osséto-géorgien, les accusant de propagande[141].
Laure Mandeville, journaliste au quotidien français Le Figaro, voit ce conflit comme une volonté de Moscou de mettre au pas un ancien satellite et d'imposer son autorité dans le Caucase. Elle met notamment ceci en parallèle avec les récentes tensions dans les ex-républiques soviétiques d'Ukraine (« guerre du gaz » en janvier 2006) ou de Moldavie (statut de la Transnistrie), accusant la Russie de punir les ex-républiques qui chercheraient à se rapprocher de l'Occident[142].
Marie Jégo, correspondante à Moscou du quotidien Le Monde, a proposé une analyse avançant qu'il s'agissait pour Moscou de reconquérir une région importante à trois titres : énergétique, politique et géostratégique. Elle souligne que la Géorgie, traversée par plusieurs oléoducs et gazoducs (dont l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan) est devenue le point de passage obligé des hydrocarbures en provenance de la mer Caspienne et à destination de l'Europe. Plus largement, la région est selon elle devenue une zone de fracture entre deux axes opposés : Moscou-Erevan-Téhéran et Washington-Ankara-Tbilissi-Bakou[143]. Jean-Michel Bezat, journaliste dans ce même quotidien, a publié une analyse similaire deux semaines plus tard, « nuancée » par l'avis de « certains experts jugeant la diplomatie européenne trop agressive[144] ».
Dans son éditorial du 27 août, Le Monde écrit, entre autres, « Aujourd'hui, le gaz et le pétrole nourrissent un nationalisme russe revanchard, qui n'a qu'un objet : refaire l'empire défait[145]. »
Selon Jacques Hubert-Rodier, éditorialiste dans Les Échos, La Russie verrait dans une éventuelle adhésion de la Géorgie (et de l'Ukraine) à l'OTAN, une tentative d'« encerclement » de la Russie dans une sorte de « cordon sanitaire », en considérant le régime de Saakachvili comme « marionnette » des États-Unis. Mais malgré les leviers d'influence que la Russie peut déployer, sa politique extérieure, serait avant tout réactive face aux avancées de l'OTAN, face encore à la reconnaissance de la souveraineté du Kosovo par la plupart des puissances occidentales[146].
Elena Petrova, dans l'hebdomadaire russe Itogui (traduit dans Courrier international), souligne que pour les États-Unis la région du Caucase est un « corridor essentiel pour le passage du pétrole de la mer Caspienne » et une « parfaite base arrière pour de futures opérations militaires contre la Syrie et l'Iran ». La journaliste estime ensuite que la situation de « conflit gelé » convenait très bien au Kremlin, mais qu'il « ne s'est pas donné le choix » dans cette affaire pour avoir délivré, « au cours des dernières années, des passeports russes aux habitants des républiques séparatistes du Caucase, s'engageant ainsi à assurer leur sécurité », elle estime également que Moscou ne pouvait pas ne pas réagir au « massacre de soldats de maintient de la paix russes », et que la « grande majorité des Russes » ayant le sentiment d'appartenir à un « grand et puissant pays », ils n'auraient pas compris l'inaction de leur pays. La journaliste écrit que « le vrai problème est que la détermination de la Russie peut attiser de nombreux conflits larvés dans son propre espace caucasien[147] ».
Vlaadislav Inozemtsev, dans le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta (Независимая газета, traduit dans Courrier international), estime que « nous avons assisté cette fois à une intervention humanitaire russe bien menée, légitimée par une référence au mandat des forces de maintien de la paix accordé en son temps par l'ONU » et que « la Russie a repris à son compte la théorie préférée des États-Unis concernant les frappes préventives » car « la plupart » des sites militaires géorgiens visés « auraient pu servir à agresser les forces russes », puis il écrit que « pareille logique est calquée sur celle des Israéliens, qui avaient détruit en 1981 un réacteur nucléaire irakien, ou des Américains, qui ont opté pour cette tactique en Irak en 2003[148] ».